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Le conflit et la crise dans le couple

  • encoupleetdieudans
  • 13 août 2022
  • 8 min de lecture

Une vie de couple sans conflit, c’est impossible ! Partager sa vie avec quelqu’un c’est accepter de ne pas être toujours d’accord, de faire des concessions, de vivre des conflits ou de traverser des crises.



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Tous les couples sont aux prises avec six sources de conflits potentiellement insolubles : l’éducation des enfants, la gestion financière du budget familial, les relations avec les belles-familles, la répartition des tâches ménagères, l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle et, finalement, la sexualité.

Pourtant, le mot crise vient du grec krisis (κρισις) qui veut dire discernement. La crise serait-elle une chance pour le couple, une occasion d’aller plus loin ?



Points-clés


Prendre conscience que

● Beaucoup d’hommes et de femmes s’illusionnent en croyant que l’absence de conflits est signe de bonheur conjugal. Les couples heureux à long terme sont ceux qui apprennent à gérer les conflits et les désaccords lorsqu’ils ne réussissent pas à les solutionner.

● La crise ne dit pas je ne t’aime pas mais au contraire, je t’aime et tu me fais souffrir.

● Les crises du couple sont nécessaires à sa croissance. Si les époux restent vigilants à leur relation, le couple se retrouve ensuite plus fort et plus solide. Alors que la crise fait ressortir et voler des images négatives, elle peut renforcer des aspects positifs : redécouvrir les côtés dynamiques sécurisants de son conjoint : “Il n’est pas très démonstratif, il ne sait pas dire son amour, mais il est si solide, si fiable dans le quotidien…” - “Elle s’énerve vite, s’angoisse, même, mais elle ressent si finement les attentes des uns et des autres, y compris les miennes…”. Naît alors une relation conjugale plus solide parce que plus réelle que celle imaginée au départ.

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1. La parole des couples


QUESTIONS

Ai-je peur d’aborder les sujets sensibles avec mon conjoint, en particulier ceux susceptibles de générer une dispute ou un conflit ?

● Quels sont les sujets à risque dans mon couple ?

● Suis-je plus dans le rationnel ou dans l’émotion ?

● Suis-je au clair avec mes vulnérabilités et fragilités ? Quelles sont les principales ?

● Peuvent-elles me rendre agressif.ve ou violent.e ?

● Ai-je du mal à reconnaître mes erreurs ?

● Après un conflit, le retour au calme prend-il du temps ? Pourquoi ?

● Dans mon couple, qu’est-ce qui marche le mieux pour résoudre un conflit ou sortir d’une crise ?


PISTES DE REFLEXION


L’humilité, chemin vers l’autre

Ce qui tue l’amour, c’est l’orgueil : “Sans humilité, nous sommes coupés, y compris de nous-mêmes. L’humilité nous relie. Sans humilité, nous ne voyons pas d’horizon, nous ne voyons qu’un miroir de nous-mêmes. Il faut briser ce miroir pour regarder au-delà. L’humilité conduit à Dieu”. (Pape François).

Connaître ses vulnérabilités Être conscient de l’impact de son histoire, de l’éducation que l’on a reçue. Et en parler en vérité à l’autre si cela a un impact sur notre relation. Se dire les choses essentielles, mais ne pas chercher à tout dévoiler. Ne pas oublier que c’est en partie le mystère qui nous attire l’un vers l’autre.

Le couple réel et le couple rêvé. J’ai rêvé d’épouser la femme ou le mari idéal. Je reporte sur lui ou elle et sur notre couple le rêve d’une relation comblante. Pourtant il, elle se révèle au fil du temps avec ses failles, ses imperfections et ses limites. Ces faiblesses peuvent être source d’agacement, de frustration, d’usure. Il est pourtant possible de vivre en harmonie sans être parfait à condition d’accepter ses propres limites et de ne pas vouloir être un juge pour l’autre.

L’acceptation de l’autre, tel qu’il est réellement, constitue un point critique dans l’évolution de tout couple. Les couples heureux à long terme savent que le véritable amour est celui qui survit aux fantasmes et à la passion du début : malgré certaines déceptions, ils acceptent leur partenaire tel qu’ils le découvrent dans sa réalité. Ils acceptent ses imperfections parce qu’ils savent qu’eux-mêmes ne sont pas parfaits. Ils continuent malgré tout d’admirer leur partenaire, base essentielle de leur amour. Quant aux couples malheureux, ils vivent une véritable blessure narcissique et cherchent à rendre leur partenaire conforme à leurs attentes en demandant à l’autre de changer.


Le couple rêvé est-il partagé ? Un couple qui ne se construit pas autour d’un désir partagé est un couple en sursis permanent, disent les psychologues. Il est possible de construire un projet de vie qui nous réunisse au-delà de nos désaccords ponctuels. Il est beaucoup plus porteur de bâtir avec ce qui nous rassemble que de se fixer sur ce qui nous sépare ou dans l’attente, le plus souvent illusoire, que l’un ou l’autre change.

Un désaccord n’est pas un désamour. Il ou elle n’est pas d’accord avec moi ≠ Il ou elle ne m’aime plus. Le plus sûr moyen de s’écorcher mutuellement est de prendre les divergences sur un mode affectif. C’est au contraire une preuve d’amour que d’oser exprimer ses divergences sans tricher ni se dissimuler dans des non-dits, confiants dans le fait que l’amour qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. Le pardon, toujours et encore. Lorsque les actes ou les mots font mal et engendrent des blessures profondes, il est essentiel, d’abord d’en prendre conscience, puis d’avoir l’humilité de demander pardon. Faire comme s’il ne s’était rien passé en pensant que le temps finira par effacer les choses est le plus sûr moyen de créer des bombes à retardement qui exploseront de manière violente au prochain conflit. La demande de pardon n’est pas une demande l’oubli mais la reconnaissance de ses torts. C’est accorder plus d’attention à l’autre qu’à soi-même, c’est entrer dans une démarche de réconciliation qui peut seule redonner au couple sa vitalité dans son sens premier, c'est-à-dire sa capacité de vie.

En cas de crise profonde Ne pas hésiter à se faire aider par des conseillers conjugaux, des associations ou des cabinets. Rencontrer des gens neutres face à votre situation est souvent bénéfique.

Repères

Comment communiquer en cas de conflit

Un couple heureux ne croit pas à la toute-puissance de la communication, disent les thérapeutes. C’est une illusion de croire qu’il suffit de se parler pour arranger les problèmes conjugaux. En fait, selon Yvon Dallaire, les couples heureux communiquent différemment des couples malheureux:

- Leurs membres ne mettent pas en doute la bonne foi de leur partenaire;

- Ils respectent la susceptibilité et les sensibilités de leur partenaire;

- Ils évitent les violences verbales ou l'agressivité qui peuvent blesser l’autre durablement;

- Ils prennent soin du « ton utilisé», cela évite que chacun se braque.

- Ils disent en vérité comment ils vivent la situation ou les faits à l’origine du conflit;

- Ils avouent leurs faiblesses et leurs difficultés;

- Ils essayent de se mettre à la place de leur partenaire pour essayer de comprendre son point de vue;

- Ils acceptent d’être incompris de l’autre;

- Ils ne cherchent pas à savoir qui a raison et qui a tort.

- Ils ne “forcent” pas la communication;

- Ils attendent le moment propice ou bien se donnent des rendez-vous pour échanger

- Ils savent qu’il existe des différences dans les façons masculine et féminine de communiquer et ils respectent ces différences;

- Ils communiquent très souvent en silence par des regards et des gestes;

- Ils communiquent leurs besoins plutôt que leurs émotions ou leurs frustrations;

- Lorsqu’ils expriment leurs émotions, ils le font de façon positive;

- Ils n’utilisent jamais la critique, même celle dire constructive;

- Ils savent que pour contrebalancer les effets d’une critique qui leur a échappé, il leur faut dire dix compliments à leur partenaire;

- Ils sélectionnent ce qu’ils veulent communiquer à leur partenaire;

- Ils savent qu’ils vont récolter ce qu’ils sèment.

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2. La Parole de Dieu


Dieu nous réconforte quand nous n’en pouvons plus (Isaïe 40,28-31 et 41,13). Quand nous ressentons la fatigue, la lassitude, le poids du quotidien et de la routine, parfois aussi l’angoisse de l’avenir, Dieu nous dit qu’Il est à nos côtés et nous donnera toujours ce dont nous avons besoin pour la route : Lui faisons-nous confiance ? Lui demandons-nous ce dont nous avons besoin ? Le remercions-nous ? ● La tempête apaisée (Matthieu 8,23-27). Des tourmentes, des tempêtes, des crises… Tous les couples en connaissent. « La barque couple est menacée par les vagues, les vents contraires, les courants qui séparent les routes et entraînent sur de mauvais rochers… ». Rancœur, jalousies, indifférence, désamour, tout peut mener à la rupture. Mais c’est lorsqu’on se sent pauvre, impuissant, en danger, que notre cri touche le cœur de Dieu. « Au secours, Seigneur, nous coulons ! Sauve-nous ! » Alors Jésus nous attire à Lui et chasse nos peurs, nos divisions. Parabole de du bon grain et de l’ivraie (Matthieu 13,24-30). Jésus explique que dans nos vies, il y a plein de bonnes choses. Mais il y a aussi des mauvaises herbes. Il ne faut pas arracher les mauvaises herbes trop vite, trop violemment. En effet, on risque alors d’arracher les bonnes en même temps. La violence risque de tout arracher, le bon comme le mauvais. La reconstruction de la relation risque alors d’être compromise.

● Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? (Luc 2,41-42). « Je ne supporte pas des choses chez lui, mais moi je suis pénible sur d’autres points ». Vous voulez retirer la paille qui est dans l’œil de votre conjoint, mais votre poutre à vous dans votre œil ?

S’il me manque l’amour, rien ne m’est profitable (1 Corinthiens 13,1-8). Notre amour que nous nous sommes engagés à nourrir et faire grandir est la clé majeure pour résoudre les crises. L’amour véritable nous pousse à aider l’autre à grandir, malgré ses erreurs, malgré nos conflits…

Le fils prodigue (Luc 15,11-24). Quand nous nous sommes mutuellement blessés, le pardon est nécessaire. En recevant le pardon, le fils est réconcilié avec lui-même tout autant qu’avec son père qu’il a blessé. Le sentiment de joie est alors à la mesure de l’unité retrouvée. En recevant le pardon, il reçoit un aveu d’amour, puisqu’il lui est dit que par-delà ses fautes, il a du prix aux yeux de celui qui lui pardonne. Ce dernier qui a toujours attendu le retour de son fils éprouve quant à lui la joie des retrouvailles et du recommencement. Ce texte nous fait mesurer la joie de Dieu lorsqu’il nous recrée par le pardon. L’avenir est de nouveau possible. Nous sommes restaurés dans notre engagement d’époux ou d’épouse. Le pardon, jusqu’à soixante-dix fois sept fois (Matthieu 18,21-22) Le pardon de Dieu est sans mesure. Pardonner à notre conjoint.e nous rend proche de Dieu.

Appel à l’humilité, à l’unité et à la Paix (Ephésiens 4,1-6) Cette parole de Paul pourrait être la règle de vie de notre couple et assurer la bonne santé de nos relations : humilité, douceur, patience, recherche de l’unité dans la paix.

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3. La prière


Change notre regard

Seigneur, nous te louons ! Tu es le Dieu fidèle qui nous aime tendrement et qui nous soutient.

Quand nous nous mettons en colère,

notre dispute révèle souvent nos fragilités et nos limites.

Aide-nous à aimer notre conjoint.e comme tu nous aimes,

gratuitement, encore et toujours.

Et si, en sachant vaincre l’amertume dans notre cœur,

notre amour pour lui ou elle s’en trouvait grandi et renforcé?

Nous avons besoin que notre regard sur notre conjoint.e soit un regard de confiance et non plus de méfiance, un regard de pardon

et non de soupçon, un regard de foi et non de désarroi.

Change nos cœurs pour que nous puissions goûter

le bonheur que tu nous as promis.

Oui, notre amour vient de toi, tu nous fortifies,

Que ton Esprit nous éclaire. Amen


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