Proposer la foi à ses enfants
- encoupleetdieudans
- 5 août 2022
- 11 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 sept. 2022
Les parents jouent un rôle essentiel dans la transmission de la foi à leurs enfants. L’enfant ne peut s’ouvrir à la confiance en Dieu sans avoir confiance dans la vie, confiance en ses parents, confiance en soi.

La cellule familiale est le lieu de découverte de l’amour qui permet à l’enfant de comprendre qu’il est précieux pour ses parents. Se sentir aimé génère la confiance qui est elle-même ouverture à la foi.
Points-clés
Prendre conscience que
La foi est un don de Dieu. Elle n’est pas directement le résultat d’une action humaine ; cependant les parents sont des instruments de Dieu pour sa maturation et son développement. (Amoris laeticia 287).
Le baptême est un cadeau fait à l’enfant pour qu’il naisse aussi à la vie de Dieu. Les parents célèbrent et transmettent ce qui est précieux à leurs yeux. À l’enfant ensuite de faire ce qu’il veut de ce cadeau. Il ne s’agit donc pas de le lui imposer mais de lui transmettre une filiation et un héritage qu’il sera ensuite libre de choisir. Il est important de l’éveiller à cette liberté.
La transmission de la foi n’est pas la communication d’un savoir ou de certitudes assénées. La priorité est de rendre possible une rencontre de l’enfant avec le Christ.
La transmission de la foi passe par la facilitation d’expériences spirituelles et par la rencontre de témoins.
La transmission de la foi demande une cohérence entre les affirmations des adultes, leur comportement et leurs choix de vie.

1. La parole des couples
QUESTIONS
Faut-il faire baptiser son enfant ? N’est-ce pas aliéner sa liberté ?
La foi, un enseignement ? Un don ? (pourquoi pour certains et pas pour d’autres ?)
Comment transmettre la foi quand un seul est croyant ? N’est-ce pas désavouer son conjoint aux yeux de mon enfant ?
Comment transmettre la foi alors que je doute ?
Comment transmettre une religion que je ne connais pas bien ?
Si mon enfant refuse d’aller au catéchisme, dois-je le forcer ?
La foi peut-elle constituer un atout pour la vie de mon enfant ?
Quelle posture prendre pour transmettre la foi ? Celui qui a raison ? Celui qui croit ? Celui qui cherche ?
PISTES DE REFLEXION
- La foi est un don de Dieu. C’est Lui qui prend l’initiative de se révéler, mais Il s’offre à tous par des médiations diverses. Comme tout don, la foi se reçoit activement. Elle est donc en même temps une décision, la décision de risquer une relation. Il y a un lien étroit entre la foi et l’amour. Aimer n’est pas seulement un sentiment. C’est aussi la volonté d’aimer, de nourrir son amour. Il en est de même pour la foi. On la reçoit comme un don, et en même temps on choisit de donner son assentiment, de l’accueillir, de la recevoir et d’en vivre pour qu’elle grandisse, de l’exprimer pour qu’elle s’enracine, de la nourrir, de s’impliquer avec d’autres dans des expériences. On choisit de manifester notre « Je », de participer à la vie du Peuple de Dieu. Tout cela demande une action personnelle de notre part, tout notre être est impliqué. Suis-je prêt à accueillir ce don ? Suis-je prêt à accompagner mes enfants dans la même démarche ?
- La foi n’est pas acquise une fois pour toutes. Ce n’est ni une chose, ni un état, ni un bien qu’on pourrait acheter et consommer. La foi est une marche, un déplacement, une dynamique dans laquelle nous ne cessons d’entrer. Elle demande à être nourrie quotidiennement, mais avec quels ingrédients ?
- Sommes-nous à la hauteur ? Le rôle d’un parent n’est pas de tout savoir ni d’être l’unique transmetteur. S’il ne fait pas tout et ne peut pas tout, il peut tout de même avancer avec son enfant. La foi est un chemin sur lequel nous marchons à notre rythme. Il s’agit simplement de parler ensemble de Dieu et de son amour pour nous, de prier avec les mots qui sont les nôtres. L’important, ce ne sont pas les connaissances mais l'expression de sa vie intérieure. Arriver à dire ce qui nous fait vivre, en utilisant le “je”. Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin et nous pouvons également chercher à nous appuyer sur d’autres chrétiens dans les paroisses, les mouvements, etc.
Être parent, c’est permettre que des portes s’ouvrent à son enfant sans pour autant devoir tout porter. Pour nous aider à discerner là où se situe cette responsabilité,la maxime du jésuite hongrois Gábor Hevenesi (1656 - 1715) est éclairante : “Première règle pour l'agir : "Fie-toi à Dieu comme si le succès dépendait tout entier de toi et en rien de Dieu. Alors pourtant, mets-y tout ton labeur comme si Dieu seul allait tout faire, et toi rien". »
- L’importance de la confiance. “Par l’affection et le témoignage, créer la confiance chez les enfants, leur inspirer un respect plein d’amour. Lorsqu’un enfant ne sent plus qu’il est précieux pour ses parents bien qu’il ne soit pas sans défaut, ou ne perçoit pas qu’ils nourrissent une préoccupation sincère pour lui, cela crée des blessures profondes qui sont à l’origine de nombreuses difficultés dans sa maturation.” (Amoris Laeticia, chap VII) L'enfant se construit une image de Dieu en fonction de son expérience de vie, de la façon dont il est traité, dont on lui parle. Son expérience colore son image de Dieu.
La transmission de la foi suppose que les parents vivent l’expérience réelle d’avoir confiance en Dieu, de le chercher, d’avoir besoin de lui.
- Transmettre la foi, ce peut être d'abord transmettre le bonheur de vivre : «L'inquiétude générale par rapport à la transmission, dit-le P. Christoph Théobald, théologien jésuite, ne doit pas nous faire oublier cet élémentaire : le jaillissement de la foi en la vie. » On ne peut dissocier croire et croire en la vie, les parents se trouvent donc renvoyés à leur rôle premier : donner la vie. «Cette loi, poursuit-il, oppose une barrière infranchissable à toute stratégie volontariste de transmission, mais nous libère aussi pour l'essentiel. » L'essentiel étant de vivre et d'aimer, comment laisser «transpirer» à travers nous ces expériences de vie sur lesquelles nous n'avons pas prise et qui éveilleront spirituellement l'enfant ?
- Transmission de la foi et liberté. Forcer un enfant à entrer dans la foi, sans que sa liberté ne soit prise en compte consisterait à exercer une forme de brutalité. La foi ne peut, par essence, qu’être libre. Elle demande à être expérimentée, goûtée et non pas ingurgitée. La question est donc de la faire grandir, de l’éduquer comme l’on plante une semence. Cela ne veut pas dire que tout doit être simple et facile. Tout parcours est jalonné de discussions, de résistances ou d’efforts. La liberté et la foi se façonnent et se nourrissent aussi de ces confrontations. Par contre, si ce chemin n’est que contrainte ou que celle-ci prédomine, la foi perdra sa sève et sa force. Quels chemins puis-je emprunter avec mon enfant ?
- Favoriser une vie intérieure. « être avec » l'enfant et le faire évoluer dans un monde où Dieu peut trouver sa place, en évitant de le bousculer, de le traîner d'activité en activité, ou de lui offrir sans cesse ces distractions qui encombrent son espace intérieur. Comment favoriser l'apprentissage du calme qui conduit à l'intériorité ?
- Vivre la foi en famille n’implique pas d’héroïsme particulier. Nos enfants ont juste besoin que nous partagions leurs espérances et leurs doutes, sans détenir toutes les réponses. Parler de Dieu en famille demande une attitude spirituelle «d'engendrement». La pastorale d'engendrement met l'accent sur la rencontre personnelle avec le Christ à travers la Parole des Écritures, mais aussi sur sa reconnaissance dans le visage du frère, le tout dans un chemin d'intériorité.
Il faut également savoir se laisser évangéliser par ceux-là mêmes que l'on s'efforce d'évangéliser. La famille devient alors un « espace éveilleur » pour tous ses membres. Mais, parler de Dieu avec mon conjoint et mes enfants, est-ce un sujet que j’aborde facilement ?
Repères
En fonction de l’âge des enfants - Avant 7-8 ans, âge de l’imprégnation, les petits enfants intègrent dans leur mémoire tout ce qu’on leur donne à voir et à vivre. Ils sont dans le magique et entrent très facilement dans les récits des miracles. - Dès 8-10 ans, les enfants sont curieux et ont besoin de savoir. Ils sont sortis du magique et il faut être davantage dans la logique, en expliquant les phénomènes bizarres racontés dans les évangiles en entrant avec eux dans la dimension symbolique et en favorisant avant tout la rencontre avec le Christ et la vie spirituelle. A cet âge, la cohérence entre nos paroles et nos actes est fondamentale. - A l’adolescence, l’expérience est première. Il est fréquent que le jeune passe par une phase de rejet de tout ce qui lui a été transmis. C’est la phase délicate de l’appropriation personnelle. Il importe de respecter son rythme pour qu’il construise peu à peu sa propre réponse. L’expérience de la vie d’équipe au sein de groupes chrétiens joue alors un rôle primordial. A travers les bons moments et les épreuves, s’opère petit à petit un rapprochement entre deux pans de son existence: la vie et la promesse de Dieu.
Le rôle de la catéchèse et des mouvements. Un enfant est forcément influencé par les personnes qui grandissent avec lui. Si un enfant grandit exclusivement entouré de personnes rejetant Dieu, à part ses parents, il lui sera bien plus difficile (mais pas impossible !) d’entendre l’appel du Seigneur et de sentir combien Dieu l’aime. D’où l’importance de favoriser la participation des enfants à la catéchèse et à des mouvements comme le scoutisme, le MEJ ...
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Boite à idées
● Ouvrir régulièrement la Parole de Dieu avec un enfant, c’est partir à la découverte de l’histoire d’amour entre Dieu et les hommes, mais aussi une invitation à rencontrer la personne du Christ, présente au cœur de toute la Parole de Dieu.
Il existe un bon nombre de bibles adaptées au monde des enfants.
● La prière en famille. Un petit moment, chaque jour, en présence de Dieu et de toute la famille réunie. Donner un rôle à tous pour que chacun se sente – réellement – concernés et attirés par ce moment familial… et spirituel. Allumer une bougie peut aider petits et grands à se mettre en condition pour prier, comme un signal qui indiquerait que la journée se met en pause, hors du temps, hors du stress et de la fatigue de la fin de la journée. Inviter par exemple les enfants à raconter les bons moments de leur journée et à dire merci à Jésus.
● S’émerveiller et louer Dieu dans la nature. Quand on sort dans la nature avec ses enfants : un espace vert, une forêt, un bois, un champ, une colline, une montagne, la mer. Expliquer aux enfants la Création, donner un nom aux arbres, aux fleurs, aux étoiles. La beauté et l’impression de plénitude dans la nature ne peut qu’inviter à l’étonnement et à l’émerveillement, à la louange. Un enfant est curieux. Il s’interroge. Aux adultes à ce moment-là de les accompagner dans leur émerveillement et leurs questions.

2. La Parole de Dieu
La graine de moutarde, semence si petite, devient un grand arbre (Matthieu 13, 31-32). Nous percevons à la lumière de ce texte la disproportion entre l’action de transmission et son effet. Nous savons que nous ne sommes pas les propriétaires du don de la foi mais ses administrateurs vigilants. Nous collaborons à l’initiative de Dieu. Il offre la foi à tous mais son accueil dépend de chacun. Avoir ou ne pas avoir la foi n’est pas une affaire de possession mais d’acceptation du don gratuit qui nous est fait. Sommes-nous prêts à favoriser la croissance de cette graine de moutarde dont parle l’évangile dans le cœur de nos enfants ?
La rencontre de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4, 1-42) Jésus est « avec » la Samaritaine, dans une posture de respect, d’écoute, sans basculer ni dans la fusion ni dans le jugement ni dans l’imposition d’une manière de voir. Il la fait advenir à un essentiel pour sa vie, en accompagnant le processus d’émergence de son être spirituel. Dans le dialogue entre les deux, on assiste à un processus de « maïeutique » (comme un accouchement) autant par les attitudes vécues que par le travail de la Parole (questions, réponses).
“Ecoute Israël (...) ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants (...) (Deutéronome 6,4-9). Ce passage débute par un “écoute !” impérieux : avant d'enseigner, il faut apprendre ; avant de parler, il faut écouter. La demande qui nous est faite n’est pas de mémoriser les commandements pour les transmettre à nos enfants mais de les inscrire dans notre cœur et d’en vivre. Le texte se poursuit : “Tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.”. Est-ce à dire que Dieu veut que nous soyons une sorte de moulin à paroles ? Il s'agit plutôt de saisir toutes les opportunités de la vie pour en tirer des leçons spirituelles. Donnons quelques exemples: un arc-en-ciel, un arbre, un paysage, peuvent être l'occasion d’éveiller les enfants à la beauté de la Création et à une approche de la spiritualité. Il est important de ne pas détacher la foi de notre vécu ni des circonstances.
“Apprends-nous à prier” (Luc 11,1-13) Jésus n’apprend pas à prier à la manière d’un maître pour ses disciples, mais à la manière d’un Fils pour des amis et des frères. Il nous révèle que son Père est aussi le nôtre : nous aussi, comme lui, grâce à l’Esprit Saint, nous pouvons l’appeler « Père ». En nous apprenant à dire « Père », il nous révèle que nous sommes enfants de Dieu, et donc que nous sommes frères et sœurs. En étant frère à nos côtés, il nous introduit dans sa relation au Père. A la suite de Jésus, une posture que nous aussi les parents pouvons prendre.
Autres textes
Pour Jésus, les enfants sont très importants. (Matthieu 18,1-6). Il les prend même comme exemple : “En vérité je vous le dis, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux”. Il ajoute que nous devons prendre soin d’eux et ne jamais être pour l’un d’eux une occasion de chute.
La foi doit être transmise de génération en génération, comme un don (2 Timothée 1 : 5) : “J’évoque le souvenir de la foi sincère qui est en toi, foi qui habita d’abord en Loïs ta grand-mère et en Eunice ta mère, et qui, j’en suis convaincu, réside aussi en toi.” Comme l’explique le pape François, cette transmission se fait toujours dans l’amour, en particulier dans l’amour au sein de la famille : c’est là que se transmet la foi, pas seulement avec les mots, mais avec amour, avec des caresses, avec tendresse». La «première attitude pour la transmission de la foi est l’amour, une autre attitude est le témoignage». La foi se transmet par attraction. (Amoris Laeticia chap 7).
“C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi.” (Ephésiens 2,8). Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.
« Malheur à moi si je n'annonce pas l’Evangile » (1 Corinthiens 9,16). Le malheur de Paul viendrait du fait de taire ce qui l’anime, ce qui le fait vivre. La passion pour l’Évangile est devenue pour lui une exigence, une seconde nature. Et nous, ne rêvons pas d’être un super-héros pour le faire… mais comme Paul, engageons-y toute notre personne, même avec des mots maladroits…

3. La prière
Dieu, notre Père, nous te prions pour que nos familles soient dans le monde
le signe visible de ton amour éternel.
Donne nous la grâce de construire jour après jour un amour vrai, patient et humble.
Que nous soyons pour nos enfants une image de ton Alliance,
prompts à encourager, à partager et à pardonner. Apprends-nous à ouvrir leurs yeux à tout ce qui est beau, leur esprit à tout ce qui est vrai, leur cœur à Ton amour.
Aide-nous à les écouter et à les accompagner pour qu’ils prennent leurs responsabilités.
Fais grandir la foi dans le cœur de nos enfants.
Qu’ils déploient l’énergie de leur jeunesse à découvrir la vocation de bonheur
et de liberté que tu as pour eux.
Seigneur Jésus, tu nous donnes la vie, viens demeurer en nos coeurs
pour y faire croître ta paix, ta joie.
Esprit Saint, donne-nous la force de persévérer dans la foi,
de vivre chaque jour de ta miséricorde, de surmonter les épreuves.
Ouvre nos cœurs à la volonté du Père,
viens éclairer nos décisions et unifier nos vies
pour que nous œuvrions dans nos familles à l’avènement du Royaume des cieux.
Amen.





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